lundi 20 mai 2013

“Ce n'est que le roc même travaillé sur place” (Pline l’Ancien - Ier s. - à propos du Sphinx de Guizeh)


Pline l'Ancien (23-79), dans le livre XXXVI de son Histoire naturelle, est le premier auteur à faire allusion au Sphinx, en complément de sa description des pyramides du plateau de Guizeh. Cf. Pyramidales sur cet auteur.
Toutefois, comme souvent dès qu’il s’agit de textes anciens, pour cause d’imprécisions dans la transmission ou la retranscription, des variantes existent dans la teneur du texte.
Une analyse critique de ces variantes serait nécessaire. Elle n’entre pas dans mes compétences. Je me limite donc à la juxtaposition de deux traductions en français du court texte de Pline l’ancien, ainsi que de deux versions, en latin, du texte “original”.

“Au devant de ces pyramides se voit le sphinx, sauvage divinité des habitants de ce canton, et dont en conséquence nous donnons une notice. On croit que ce sphinx est le tombeau du Roi Amasis ; et l'on prétend que ce bloc énorme est d'une matière jetée en moule. Mais il est constant que le sphinx est d'une pierre solide, dure et lisse. La tête de ce monstre a cent deux pieds de circuit, à la mesurer par le front. La longueur de son corps, depuis le front, est de cent quarante-trois pieds. Sa hauteur, depuis le creux de l'estomac jusqu'à la plus haute élévation de la partie verticale de sa tête est de soixante-deux pieds.”
(traduction par Louis Poinsinet de Sivry - 1733-1804)

“Au-devant d'elles est le sphinx, plus admirable peut-être, sur lequel on a gardé le silence, et qui est la divinité locale des habitants. Ils pensent que c'est le tombeau du roi Armaïs, et prétendent qu'il a été amené là : mais ce n'est que le roc même travaillé sur place; et pour le culte on peint en rouge la face du monstre. La circonférence de la tête, par le front, est de cent deux pieds; le corps est long de cent quarante-trois, et, depuis le ventre jusqu'au sommet de la tête, haut de soixante-deux pieds.”
(traduction par Émile Littré - 1801-1881 - source : Gallica)

“Ante has est sphinx, vel magis narranda, de qua silvere, numen acculentium. Armain regem putant in ea conditum, et volunt invectam videri. Est autem saxo naturali elaborata, et rubrica facies monstri colitur. Capitis per frontem anbitus centum duos pedes colligit, longitudo pedum CXLIII est, altitudo a ventre ad summum apsidem in capite LXII.”
(texte ayant servi de référence à la traduction d’Émile Littré)

“Ante has est Sphynx, vel magis miranda, quasi Sylvestre numen accolentium. Amasin regem putant in ea conditum, et volunt invectam videri. Est autem saxo naturali elaborata et lubrica. Capitis monstri ambitus per frontem centum duos pedes colligit, longitudo pedum CXIII est, altitudo a ventre ad summum apicem in capite LXIII.”
(texte cité par Richard Pococke, dans A Description of the East and Some other Countries)

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