mercredi 22 mai 2013

“Les anciens Égyptiens l'honoraient comme un dieu” (François Le Gouz de La Boullaye - XVIIe s. - à propos du Sphinx)

Dans ses Voyages et observations, ouvrage édité en 1653, François Le Gouz de La Boullaye (1610 ou 1623-1668 ou 1689), gentilhomme angevin, consacre un chapitre aux trois grandes pyramides d'Égypte et à la figure du Sphinx, dénommé “Sphinge”.
Pour une meilleure lecture du texte, j'en ai rétabli globalement l'orthographe actuelle.


“Cette figure appelée Ablehon par les Turcs, et Sphinge par les Européens, est taillée dans le roc, et si prodigieusement grande qu'elle a dix-huit pieds du menton à l'oreille. Elle a le nez camard comme les Maures, ou Éthiopiens, ce qui me fait croire que c'était la représentation du même Roi qui a fait bâtir la grande pyramide, ou de quelque Empereur de Libye qui a poussé ses conquêtes jusques en Égypte, quoique l'on tienne religieusement que les anciens Égyptiens l'honoraient comme un dieu, parce que le Sphinge était un animal que l'on feignait être engendré d'un lion et d'une vierge.
Leurs sages avaient trouvé cette divinité, à cause que le Nil est dans sa consistance, et fertilise l'Égypte en l'inondant lorsque le Soleil passe du signe du Lion à celui de la Vierge. Ce Sphinge n'a ni le nez, ni les yeux, ni la bouche percée, et l'on n'aurait pas plutôt entendu la voix du valet du Sacrificateur du côté de la face, que du derrière de la tête, ce qui aurait été ridicule, si l'on lui avait voulu faire rendre des oracles, mais il n'est point nécessaire que les statues parlent pour être honorées du peuple (...).

Source : Gallica

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